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Le marché du travail américain n'a pas tremblé en avril
information fournie par Boursorama avec AFP 11/05/2026 à 12:49

( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / ANDREW WEVERS )

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Les États-Unis restent proches du plein emploi avec un chômage stable à 4,3% en avril, selon des données publiées vendredi, les économistes soulignant que l'impact de la guerre au Moyen-Orient risque de se voir plus tard.

La première économie mondiale a créé 115.000 emplois le mois dernier, une bonne surprise pour les investisseurs qui en attendaient autour de 60.000. Le mois de mars avait été marqué par encore plus de créations d'emplois (185.000).

La publication a ravi la Maison Blanche.

"Les politiques de (Donald) Trump marchent", a déclaré son conseiller économique Kevin Hassett sur Fox News, évoquant des chiffres "absolument exceptionnels".

Peu après, la publication d'un baromètre sur les moral des consommateurs a quelque peu douché l'enthousiasme. L'indice de l'université du Michigan, qui fait référence, est au plus bas depuis la naissance du sondage en novembre 1952.

"Dans l'ensemble, les consommateurs continuent de se sentir pressurés par la hausse des coûts, en particulier à la pompe", est-il rapporté.

Le prix de l'essence flambe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran. Un cessez-le-feu, fragile, n'a pas calmé les choses.

Mais pour l'heure, la consommation et l'emploi semblent tenir le coup.

"Il est encore un peu tôt pour mesurer pleinement les répercussions de la guerre sur l'emploi", a observé l'économiste de KPMG Diane Swonk, notant que "de nombreuses entreprises avaient compté sur une résolution rapide" du conflit, qui semble dans une impasse.

Il faut selon elle "s'attendre à un nouvel affaiblissement (du marché du travail, NDLR) dans les mois à venir, compte tenu de la hausse des coûts et des perturbations des chaînes d'approvisionnement".

"Avril est trop tôt" pour voir un impact, a aussi estimé l'économiste Guy Berger.

"Mais si la crise énergétique se prolonge au second semestre, elle risque de saper les premiers signes de reprise du marché du travail", a ajouté le chercheur du Burning Glass Institute.

- "Inconfortable" -

Les données du service statistique du ministère américain du Travail (BLS), publiées très rapidement après la fin du mois étudié, font souvent l'objet de fortes révisions.

Elles ont aussi connu de brusques variations ces derniers mois, alternant rebond surprise des embauches et destructions spectaculaires (156.000 en février).

Globalement, les créations nettes d'emplois sont restées nettement en deçà de leur niveau d'avant le retour au pouvoir de Donald Trump.

Cela ne s'est pas traduit en chômage supplémentaire, la population active ayant stagné sur la période, ce que les économistes attribuent au vieillissement de la population et aux politiques migratoires très dures du gouvernement.

Le marché américain du travail est largement décrit par les experts comme étant en mode "no hire, no fire", ou "low hire, low fire" (pas ou peu d'embauche, pas ou peu de licenciement).

Il "fonctionne plutôt bien pour ceux qui ont un emploi et qui en sont contents", résume auprès de l'AFP Claudia Sahm, économiste pour le cabinet New Century Advisors. "Ce n'est pas le cas pour ceux qui cherchent un travail, par exemple les jeunes qui finissent leurs études."

"Les entreprises ont réduit les heures, diminué le recours au travail temporaire... La seule chose qu'elles n'ont pas fait, c'est de licencier", complète Mark Zandi, de Moody's.

Pour lui, c'est une situation "très inconfortable" qui peut basculer très vite si la demande commence à s'essouffler.

L'envolée du prix de l'essence ne se cantonne pas aux stations service. Elle affecte aussi les agriculteurs, transporteurs, industriels... qui répercutent les surcoûts dans leurs prix.

En face, les salaires progressent (+3,6% sur un an en avril) mais l'inflation menace d'aller plus vite.

1 commentaire

  • 11 mai 14:12

    De nouvelles embauches doivent bien compenser l'expulsion des dizaines de milliers d'illégaux chaque semaine !


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